lundi 30 juillet 2012

...les ruines célestes de sa présence passée...

« We only said goodbye with words
I died a hundred times”
Amy Winehouse – Back to black

Amy Winehouse... Il y a une année environ, on en riait encore… ces images pathétiques à son dernier concert, l’annulation de sa tournée mondiale... on en a tous rigolé, on s’en est tous moqué… déçu par l’idée que l’on se faisait d’elle ou par l’image que les médias avaient façonné. En chemin, on a tous oublié sa musique, on a tous oublié sa voix… jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans les nuages médicamenteux de son exil...

 Avant la fluidification de l’absence…
Avant le malaise du réveil et les spectres du remord…
Avant l’éveil infect de la mort !
           
            Au diable les frasques et nos sarcasmes, il faudra se souvenir de ce timbre vocal si enfumé et mélancolique. Il faudra se souvenir de la terrible affliction que son chant atténuait et de la beauté lugubre qui en émanait. Meurtrie à vif par une sensibilité trop accrue, l’art aurait dû être un espace où supporter…    
            Elle s’est fait descendre en plein vol par les vampires de la HELLVICE n’ CO qui ont choisit de subtiliser une âme qu’ils savaient si fragile. Ils s’étaient dit qu’elle rapporterait plus de sous morte que vive. Il y a eu la version spéciale Back to Black, le livre, un concert hommage…  Bientôt il y aura un film... Bientôt il y aura un nouvel Icare… 

            Elle était venue chercher dans la musique un espace vibratoire où continuer. Comme Ian Curtis ou Janis Joplin… la perversion du succès a teinté leur quête mystique d’une couleur fade. Les possibilités envisagées autrefois… les éventualités errantes des fantasmes ; qu’en faire ? Boire encore pour donner à la ténacité du vide une forme possible… Au mieux ils se noient dans l’alcool, au pire l’alcool les noient… ceux qui s’en vont laissent derrière eux les traces scintillantes des rêves et les larmes salées de l’amertume…
            Il s’agit de comprendre ce qu’ils nous lèguent… Il s’agit de se souvenir de leur musique…

dimanche 22 juillet 2012

Kaleidoscope n' roll

Sex, drugs and nothingness…

Le rock est le monstre assoiffé, la créature hybride qui habite mes limbes. Celui qui veut tout dévorer, boulimique de sa propre destruction…avide de chaos, de dégénérescence, d’abjection et de scandale, de non-sens, de nuits sans fin et d’ivresses incommensurables…instincts déchaînés…mémoire électrifiée s’amplifiant dans le maintenant…cri de la tentation.

L’œil ; les souvenirs… comme des photographies au grain sale…

 (photo : Kit Brown, 2010)
 
A kaleidoscope of nothingness invades Rock Altitude festival

16, 17, 18 août 2012, Le Locle (CH)



mercredi 4 juillet 2012

« All tommorrow’s parties »*



Non loin de là - une rue plus loin - la société active s’évertue à fêter sa mort prochaine dans une étonnante procession désespérée. Malgré leurs masques ou autres artefacts de dissimulations, malgré la coagulation autant triste que fugace d’êtres vides, ils courent frénétiquement vers une chute imminente et inéluctable… Les trajectoires  onduleuses d’individus titubant se croisent au travers de leur errance respective...

 Le bar ne désemplit pas malgré l’heure tardive tandis que l’extravagance ivre de ses occupants s’accentue… Ils sont des dizaines à s’enivrer, rigoler, danser… la plupart se connaissent entre eux, les liens se tissent aisément, alcool aidant… Finalement, cruellement, le barman annonce l’ultime tournée… vite un dernier verre, une ultime chanson ; Bob Dylan, Like a rolling stone… et les voilà jetés dans la moiteur silencieuse de la nuit… seuls… pour affronter la lugubre obscurité de leurs angoisses. Confrontés à l’immensité frigide du réel, hors de la cavité chaleureuse du pub… vaine tentative de retour à la liquéfaction pour ces esprits perdus… reproduction inusitée de la fluidifiante enveloppe prénatale…

*chanson du Velvet Underground